La grammaire, vaudeville d'Eugène Labiche

La grammaire
Le Théatre Royal des Galeries met Eugène Labiche au vert cet été, à l'abbaye de Maredsous.
Pièce en plein air, par le Théâtre Royal des Galeries.

Chaque été, depuis 40 ans, le Théâtre Royal des Galeries organise une tournée de plein air qui passe par de nombreux châteaux, demeures historiques ou lieux particuliers de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Après Marivaux, Molière, Beaumarchais, Guitry, Regnard, Oscar Wilde et quelques auteurs contemporains, c’est le maître du vaudeville, Eugène Labiche, qui est mis à l’honneur cet été.

Pour répondre à un article d'Émile Zola qui ne lui reconnaissait qu'une qualité, celle d'être un "rieur", Eugène Labiche écrivit : "Je trouve que vous avez parfaitement caractérisé la nature de mon talent (si talent il y a) : je suis un rieur. Quelques-uns voient triste, moi, je vois gai, ce n'est pas ma faute, j'ai l'œil fait comme ça. Je n'ai ni à m'en applaudir, ni à m'en excuser. J'ai beau faire, je ne peux pas prendre l'homme au sérieux, il me semble n'avoir été créé que pour amuser."

Distribution

François Caboussat, ancien négociant : Michel Poncelet
Poitrinas, président de l'Académie d'Étampes : Bernard Lefrancq
Machut, vétérinaire : Denis Carpentier
Blanche, fille de Caboussat : Eléonore Peltier
Jean, domestique de Caboussat : Benoît Strulus

Mise en scène de Bernard Lefrancq

En quelques lignes...

Voilà 40 ans que le Théâtre des Galeries part en vadrouille l'été et met au vert Molière, Labiche, Beaumarchais ou d'autres cousins d'écriture. Selon les lieux, ils frôlent de leurs satins l'élégance classique d’une cour de château, ils paissent au milieu des champs, entre grange et écurie, ou devant la façade d'une ferme.

Cette année, c'est La Grammaire de Labiche, qui s'y colle, sous la conduite de Bernard Lefrancq. A chaque jour son lieu à apprivoiser, en quelques heures : les entrées, les sorties, les lumières se réinventent, les fenêtres résistent, les coulisses et les commodités s'improvisent, parfois à l'autre bout de la maison. La position du public modifie les angles d'approche... Et c'est toute la convention théâtrale qui prend un coup de jeune ou de franche comédie !

Comédiens et spectateurs réinventent les règles du jeu, sans filet mais avec un plaisir et parfois des fous rires non dissimulés. Les répliques sonnent à un autre diapason, et si le vent emporte l'une ou l'autre syllabe, il peut aussi faire le coquin sous les jupons, à moins qu'une bourrasque ne renverse la carafe ou la tasse. La complicité est de mise, elle se prolonge très souvent autour d'un verre.

Débarqués l'après-midi, en camion et minibus, les artistes de la scène et les techniciens de l’ombre repartent à la nuit bien installée, les indispensables accessoires rangés, les costumes protégés. Demain est un autre jour, un autre ciel,…

Le rentier Caboussat est ambitieux : il voudrait être nommé Président du Comice Agricole du village. On le croit savant, car il est constamment plongé dans les bouquins. Hélas ! Caboussat n'a pas d'instruction. Le livre qu'il étudie est toujours le même : la Grammaire ! C’est sa fille Blanche qui lui écrit ses discours et fait sa correspondance.

Caboussat a pour ami Poitrinas, président de l'Académie de la ville voisine, dont le fils Edmond est amoureux de Blanche, mais lui aussi a le défaut de faire des fautes d'orthographe. Néanmoins, grâce à l'intrigant Poitrinas, et après quelques difficultés cocasses suscitées par le vétérinaire Machut, Caboussat sera élu, Edmond épousera Blanche, et la fille de Caboussat deviendra la... "Grammaire" de toute la famille.

Si, en bon vaudevilliste, Labiche se préoccupe du mouvement et de la situation, il travaille également beaucoup à l'élaboration des caractères. Dans son théâtre, dont les trois grands moteurs sont l'égoïsme, la vanité et l'argent, il s'amuse à répertorier les ridicules et les défauts de la bourgeoisie française de l'époque.

Quelques citations d'Eugène Labiche

«Seul Dieu a le droit de tuer son semblable.»

«La vérité habite un puits, mais sans les porteurs d'eau, elle y resterait.»

«Mais si on disait toujours la vérité dans le monde... on passerait sa vie à se dire des injures...»

«Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout; les malchanceux, ceux à qui tout arrive.»

«Un égoïste est incapable d'aimer un ami; mais il ne peut se passer d'amis: il ne s'aimerait jamais assez à lui tout seul.»

«Il y a des circonstances où le mensonge est le plus saint des devoirs.»

«Le dévouement est la plus belle coiffure d'une femme.»

«J'ai fini par m'apercevoir que je n'étais plus seul à partager la fidélité de mon épouse.»

«Une belle dot est plus sûre qu'une belle femme: vos amis ne vous la prennent pas.»

«Au cimetière de la gloire, il n'y a pas de concession à perpétuité.»

«Elle respirait l'honnêteté... Seulement elle avait la respiration très courte.»

«Les paroles d'honneur... c'est comme la neige... ça fond devant le soleil !...»

Eugène Labiche (Paris, 1815 - 1888)

Fils d'un riche industriel, il fit ses études secondaires au Collège Bourbon, futur Lycée Condorcet. Après le baccalauréat, il réalise un long voyage en Italie durant lequel il écrit La Clef des champs, paru en 1839 et qui sera son seul roman. Il commence alors une production boulimique qui compte quelques deux cents pièces, presque toujours écrites en collaboration, avec notamment Auguste Lefranc, Marc-Michel, Adolphe Choler, Edouard Martin, Alfred Delacour, ou encore Emile Augier, et qui furent jouées au Palais-Royal, au Gymnase, aux Variétés, aux Bouffes-Parisiens, ou à la Comédie-Française.

En fait, à ses débuts, Eugène Labiche tâtonne, cherche son style, accumulant les comédies en un acte : Le Major Cravachon, Un jeune homme pressé, Un garçon de chez Véry, Embrassons-nous Folleville ! ... toutes s'apparentent au genre à la mode, le vaudeville. Mais déjà en 1851, il écrit Un Chapeau de paille d'Italie, première comédie en cinq actes saluée comme " une trouvaille de génie ". On y retrouve ce célèbre motif de la course-poursuite, de la chasse tumultueuse et endiablée à l'objet ou à l'être perdu.

Avec la création du Baron de Fouchevif, en 1859, apparaît le personnage du bourgeois pansu et crédule. Le vaudeville en un acte évoluera alors vers la grande comédie de moeurs et de caractère, Le Voyage de Monsieur Perrichon (1860), La Poudre aux yeux (1861), La Station Champbaudet (1862), La Cagnotte (1864), Le plus heureux des trois (1870), Le Prix Martin (1876) et bien d'autres. Égocentrisme, vanité, cupidité, infidélités conjugales, hypocrisies en tous genres sont désormais les vices déclinés dans ces comédies en plusieurs actes dont les couplets chantés sont progressivement réduits.

La respectabilité artistique et sociale de l'auteur va croissant : en 1861, Labiche entre au répertoire de la Comédie-Française avec Moi, une comédie sur l'égoïsme, et est élu à l'Académie française en 1880. Il a écrit sa dernière comédie, La Clé, en 1877. Lorsqu'il édite, en 1878, à l'initiative d'Émile Augier, son Théâtre complet, qui ne comporte en réalité qu'un tiers des 173 pièces écrites par Labiche et ses collaborateurs, le succès est immédiatement au rendez-vous.

Son œuvre reste la réalisation exemplaire du vaudeville qu'il fait tendre jusqu'aux limites de l'absurdité. Ses pièces fourmillent de sous-entendus, d'inventions cocasses, de coups de théâtre, et jamais cependant elles ne cessent de donner une parfaite impression de naturel.

Le vaudeville

Genre dramatique, né à la fin du XVIIème siècle et au début du XVIIIème, le vaudeville fut, pendant un siècle et demi, une sorte de comédie musicale où alternaient parties parlées et couplets dont les paroles nouvelles étaient chantées sur des airs déjà connus. Bénéficiant d'un succès considérable au XIXème siècle, avec Scribe et Labiche, ce type de pièce s'est modifié au fil du temps en perdant ses couplets chantés. Le terme de vaudeville désigne simplement une pièce gaie dépourvue de toute prétention littéraire ou psychologique et dont le comique est exclusivement fondé sur les situations. Les vaudevilles mettaient généralement en scène des personnages stéréotypés appartenant à la bourgeoisie. Les héros de ces pièces sont souvent des hommes mariés qui, volages ou impudents, ou simplement malchanceux, tombent dans des situations dont ils ont le plus grand mal à se dégager. Autour des protagonistes s'agite une foule de personnages secondaires qui représentent autant de périls potentiels ou jouent le rôle d'obstacle et concourent à les placer dans des situations plaisantes. L'intrigue de ces pièces se caractérise par l'importance du rôle qu'y exercent quiproquos et péripéties mais le dénouement dissipe les malentendus et aboutit obligatoirement à une fin aussi heureuse que conforme à la morale.

Date: 
Mercredi 19 Août 2015 à 21h00
Lieu: 

Abbaye de Maredsous

Détails pratiques: 

Spectacle : 15€ en prévente / 20€ hors prévente

​Possibilité de manger le traditionnel pain-saucisse Bardaf!

Réservations via virement bancaire sur BE05 3770 1359 3575 avec en communication :
Grammaire + Nombre de réservations + contact téléphonique

Infos: accueil@maredsous.com ou  082 / 69 82 11

En cas d'annulation pour météo défavorable, toutes les places seront remboursées.
Les réservations pour le souper "Bistronome" sont clôturées, nous attendons les gourmands-ayant-réservé dès 18:30, au "Maredsous", espace St Joseph

Prévoir lainage.

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