Claque

Benoît Verhaert
Un solo qui force l’admiration mais dont on ne peut rien vous dire. Ça commence bien !
Seul-en-scène imaginé, écrit, mis en scène, interprété par Benoît Verhaert

Benoît Verhaert épate dans "Claque"

Dès son entrée en scène dans son costume de représentant de commerce, on comprend que Benoît Verhaert va nous vendre un spectacle détonnant. Et si l’on ne se prend pas une claque au sens littéral, on ressort pourtant agréablement secoué par ce seul en scène très drôle et diablement intelligent. 

Puisqu’on ne peut rien souffler du concept sans dévoiler l’effet de surprise si savoureux, il faut se contenter de semer quelques indices… La performance est impressionnante mais le comédien ne se prend pas au sérieux. Il évoque ses illusions et désillusions sur la condition d’acteur, mais pas seulement. Le public a un rôle à jouer même si l’artiste ne manque pas de créativité pour éviter de se faire piéger… En somme, courez-y !

De l’autodérision à foison

Benoît Verhaert est un artiste surprenant. Des grands classiques comme "On ne badine pas avec l’amour" de Musset, "L’Etranger" de Camus, ou "Les trois mousquetaires" d’Alexandre Dumas, le comédien vole vers "The Wild Party" entouré de jazzmen ou des textes contemporains de Philippe Blasband avec aisance. Au mois de novembre 2016, il mettra en scène "Dom Juan" de Molière au Varia.

Pour "Claque" créé en 2013 à la Samaritaine et imaginé, écrit, mis en scène, interprété par lui-même…, Benoît Verhaert transmet son amour des grands auteurs de littérature dramatique avec beaucoup d’autodérision. "Il y a chez moi et mes collègues un écart entre les personnages qui sont des géants, des héros, et ce qu’on vit vraiment. Quand on rentre chez soi, on a une petite vie alors que sur scène on est empereur ou bien demi-dieu", avoue-t-il. Le lien avec le public absolument essentiel à ses yeux est au cœur de "Claque" : "J’essaie de provoquer le dialogue même si, comme dans toutes les histoires d’amour, ce n’est pas tous les soirs le nirvana… Mais dans cet échange donnant donnant, tout le monde a à y gagner !"

(Camille de Marcilly dans LaLibre.be le 13 mai 2016)

Benoît Verhaert vous fiche une sacrée Claque !

Benoît Verhaert a le chic pour toujours surgir là où on ne l’attend pas. On peut le voir, un soir, sous les ors et dorures du Théâtre du Parc en sévère Javert dans Les Misérables, et quelques soirs plus tard, le découvrir, lunettes noires et verbe sulfureux, dans The Wild Party , spectacle jazzy dans le New York des années folles. Mais on peut tout aussi bien le voir trimballer La Chute de Camus dans les bars de la capitale pour un monologue entre ivresse et folie, ricochant entre les tables recueillies, abasourdies.

Et là, on se dit qu’il va sans doute souffler un peu dans le confort et la tranquillité d’un théâtre classique. C’est mal le connaître : voilà-t-il pas qu’on le retrouve, une saison plus tard, devant une classe de lycéens à Etterbeek pour une animation passionnée et passionnante sur L’Etranger de Camus. Non seulement, le comédien parvient à les convaincre que le bouquin vaut tous les Twilight du monde, mais il leur donne rendez-vous, quelques semaines plus tard, pour le voir jouer la pièce et monter eux-mêmes sur scène pour défendre une plaidoirie rédigée avec toute la classe. Expérience inédite qu’il renouvelle la saison prochaine au Varia.

C’est peu dire que le bonhomme ne tient pas en place, brouillant les pistes comme un Jean Valjean après le bagne. Non seulement, il a l’art des surprises, mais en plus, il vous tend des pièges impossibles. Prenez Claque par exemple, découvert au Festival de Bruxelles l’été dernier et repris en ce moment à la Samaritaine : un solo qui force l’admiration mais dont on ne peut rien vous dire, sous peine de gâcher la performance. C’est rageant ! Il nous faut donc ruser, vous dire qu’il s’agit d’un acteur méditant sur ses illusions et désillusions, et en même temps, pas vraiment. Que c’est payant et pas vraiment payant. Que le public joue une part active, mais que le comédien a ses astuces pour ne pas se laisser faire. Que la démonstration est un tour de force mais que l’artiste ne se prend pas au sérieux. En un mot, que c’est franchement recommandable et qu’il vous faudra aller le voir pour avoir le fin mot de cette histoire.

La force du théâtre

Pourquoi se mettre ainsi en danger ? Pourquoi imaginer ces seuls en scène un peu fous quand de grands théâtres le courtisent par ailleurs ? Est-ce une manière de respirer, de trouver plus de liberté ? « Ce sont plutôt les travaux de groupe qui m’apportent une respiration, confesse le comédien. La force du théâtre est là, dans les équipes nombreuses. Les autres m’envoient de l’oxygène. Le solo est plus intime, plus direct. Si on parvient à faire les deux, on arrive à ne pas se lasser de ce métier. J’aime me mettre au service des autres, être l’employé de quelqu’un, comme un mercenaire. Mais parfois, j’ai aussi besoin d’aller au bout d’une intuition personnelle. »

C’est pourquoi, après Claque, Benoît Verhaert sera à l’affiche du Jeu des cigognes, nouvelle pièce de Philippe Blasband, mise en scène par Jos Verbist au Public. Il y jouera aux côtés de Didier de Neck, Magali Pinglaut et Laurence Vielle. « Je suis heureux quand je fais des choses différentes. Je recherche du souffle dans le groupe et de l’équilibre dans les solos. J’organise par exemple les Ateliers Zucco avec Frédéric Clou, des ateliers de théâtre pour faire de la recherche, gratuitement, juste pour le plaisir de la recherche. On a commencé avec Roberto Zucco de Koltès, puis on a fait Tchekhov, puis Racine sur le travail de l’alexandrin. Chaque fois, on recherche une méthode. Là, on va refaire du Tchékhov mais en travaillant sur le jeu de la caméra. C’est une manière de se ressourcer, de s’inventer. »

(Catherine Makereel dans le supplément MAD/Le Soir du 19 juin 2013)

Date: 
Vendredi 9 Septembre 2016 à 20h30
Lieu: 

Salle BOSARTS, rue du Château à 5640 Bossière-Saint-Gérard

Détails pratiques: 

Vu la forme particulière de ce spectacle et pour des raisons dramaturgiques, seul le retrait des tickets sur place est possible.
Réservez toutefois vos places par courriel via info@bardaf.net ou par SMS au 0495 26 09 21.
Au terme du spectacle, vous serez invité à vous délester d’une douzaine d’euros.

Renseignements complémentaires: 0495/26.09.21 (Damien Floymont)

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